OÙ ACHETER DES CORNICHONS FRANÇAIS ?

Le titre de cet article pourra peut-être vous surprendre. En effet, pour la plupart d’entre nous l’achat de cornichons dans le rayon d’un supermarché est devenu un acte simple et pas forcement réfléchi.

 

Mais combien d’entre nous savent que seul 1% des cornichons, vendus dans les GMS (grandes et moyennes surfaces) aujourd’hui, sont cultivés et conditionnés en France.

 
Nous avons rencontré « le cornichon français » au salon du MIF (Made in France). Du 8 au 11 novembre, il parcourait les allées du salon dédié aux marques françaises. « Le cornichon » du « Jardin d’Orante » a promis de nous rappeler pour pouvoir vous raconter son histoire.

 
Ainsi nous avons été recontactés par Aline MARTIN, responsable marketing de la société Reitzel France, société franco-suisse qui depuis 1909 fabrique des condiments et des assaisonnements. Elle s’est, petit à petit, implantée en France depuis les années 30. Reitzel France emploie actuellement 220 salariés. Son siège social se trouve à Paris. Le « Jardin d’Orante » est une marque phare de la société Reitzel qui, depuis 2016, développe la filière du cornichon en France. Le conditionnement se déroule dans leurs deux usines dans la Sarthe et le Loir-et-Cher.

 

Aline MARTIN, responsable marketing
 
Le cornichon français avait disparu et les importations de cornichons se faisaient essentiellement depuis l’Inde. Aline nous fait partager l’histoire de la relocalisation du cornichon français.
 

L’HISTOIRE

 
Jusqu’à les années 90, les cornichons ont été cultivés et conditionnés en France. Les grands industriels ont commencé à déserter la France et à s’installer en Inde pour deux raisons :
 
 
  1. Cette culture a besoin de beaucoup de soleil et d’eau. En France, il n’est possible de la cultiver que du mois de juin au mois de septembre. Or, en Inde, grâce aux moussons, il est possible d’effectuer trois récoltes par an et réduire ainsi les risques de chute de production en cas de problème de récolte. C’est la raison principale des nombreuses délocalisations des producteurs de cornichons français !
 
  1. La deuxième raison est très logique. En effet, le cornichon est originaire de l’Inde. Il a été découvert là-bas il y a plus de 2000 ans. Il n’y a donc aucune incohérence quant au choix des industriels pour la cultivation de ce fruit là-bas.

 

 
Le cornichon fait partie intégrante de la gastronomie française et est un symbole de beaucoup de plats typiques français.
C’est pourquoi Reitzel a souhaité relancer cette filière à grande échelle en France et à des prix accessibles. Il est, en effet, impossible d’en faire un produit premium ou de luxe, car le cornichon fait partie des condiments utilisés dans notre alimentation de tous les jours.
 
En 2016, Reitzel a commencé le développement de sa filière avec 2 agriculteurs partenaires :
 
  • Olivier dans la Sarthe
  • Éric dans le Loir-et-Cher
 
Ils cultivaient 3 hectares de terres et produisaient 54 tonnes de cornichons par an.
 
 
Aujourd’hui, le nombre d’agriculteurs a augmenté jusqu’à 12 (en 4 ans). Ils cultivent 20 hectares de terres et produisent 335 tonnes de petits fruits croquants et si indispensables à la gastronomie française.
Tous les agriculteurs sont regroupés en association « Les Cornichonneurs Français ». Ainsi, ils fédèrent leurs différents savoir-faire qu’ils partagent dans un espace de discussion autour des aspects techniques de la production, de la commercialisation et de la promotion du cornichon français.
 

OLIVIER CORBIN

 
Olivier est un agriculteur sarthois de choix pour Reitzel. Il a vu ses parents cultiver des cornichons dans leurs champs depuis sa plus tendre enfance.
Avec le temps, c’est une culture qu’il a vue pratiquement s’éteindre.
Aujourd’hui, accompagné de son épouse Vanessa, il a pu reprendre à grande échelle la culture du cornichon, dans son exploitation, grâce au « Jardin d’Orante ».
Olivier : « Savoir que mes cornichons ne parcourent que 7 km entre mon champ et l’usine où ils sont mis en bocaux est une réelle satisfaction. J’ai le sentiment de participer au développement de l’économie locale. Qui plus est, avec ce projet, c’est une histoire de famille que je perpétue : mes parents, agriculteurs eux aussi, travaillaient déjà le cornichon. »

 

Olivier et Vanessa Corbin
 

STRATÉGIE COMMERCIALE

 
Aline MARTIN, de son côté, doit identifier ce que souhaitent les consommateurs. Trouver des idées de recettes nouvelles ou à l’inverse faire revivre des recettes très anciennes dites « de grands-mères ».
 
Construire une offre de produits à un prix accessible est devenu la priorité de cette jeune femme.
 
Pour ce faire, elle est obligée de tenir compte de plusieurs critères :
 
  • La plupart des consommateurs français souhaitent avoir le cornichon extra fin dans leurs assiettes ;
  • La majorité des consommateurs privilégient le côté croquant et une recette au vinaigre ;
  • Les engagements de Reitzel auprès des agriculteurs français quant au rachat de la totalité de leur production (sans tenir compte de différents calibres) !
 
Le défi d’Aline est donc celui de valoriser ce que la nature nous offre, autrement dit : de ne pas s’arrêter qu’au petit calibre. Elle nous explique que l’histoire de calibres doit être réécrite.
 
En effet, Reitzel ne le dira jamais assez, la culture du cornichon est complexe car le petit cornichon devient vite gros, il peut en effet doubler de volume en une journée.
La culture n’étant pas mécanisable, la cueillette se fait à la main. Afin de ramasser des cornichons de petite taille, les préférés des français, il est nécessaire de passer plusieurs fois par jour sur le même pied. Une tâche ardue pour les agriculteurs soumis à une meilleure valorisation des plus petits, dits « Extra-Fins ». Pourtant, un gros cornichon n’est rien de plus qu’un mini ayant grandi, leur goût reste le même…
Si les petits cornichons sont aujourd’hui mieux valorisés, au détriment de ceux arrivés à maturité, pour « Jardin d’Orante », il est temps que ça change ! La marque remet de l’équilibre dans les calibres en redonnant le goût des plus gros aux français, à travers des recettes qui sauront plaire aux croqueurs de cornichons. L’objectif est de valoriser l’ensemble des calibres du champ pour ne pas pénaliser les producteurs.
 

LES CORNICHONS AIGRE-DOUX

 
Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis d’origine russe (j’en parles dans la rubrique A PROPOS du blogue) et les gros « malossols » à l’aneth sont plus à mon goût, à vrai dire, que les petits cornichons au vinaigre. Cela ne m’empêche absolument pas d’accompagner un bon pâté de campagne par un petit cornichon extra-fin croquant !
 
Si vous ne « connaissez » pas la signification du mot « malossol », cela signifie que la recette contient très peu de sel, mais aussi très peu de vinaigre, voire pas du tout selon les recettes.
 
Il est vrai que les « malossols » sont omniprésents dans la cuisine slave et vous pouvez souvent les rencontrer dans les différentes recettes de salades et autres plats.
 
Je suis, pour ma part, ravie que le « Jardin d’Orante » valorise ce type de cornichons, ce qui permet à ses amateurs de pouvoir les trouver en fabrication locale et en circuit beaucoup plus court que ceux qui nous viennent souvent de l’Europe de l’Est ou de plus loin encore.
 
 
De nombreux restaurateurs sont en demande de cornichons de plus gros calibre (exemple : pour en mettre dans les hamburgers) et les agriculteurs y trouvent leur compte plus facilement. 
 
A titre d’information, les petits cornichons ne représentent que 20% des récoltes. Se passer donc des 80% restants serait synonyme de ne respecter ni la nature, ni l’agriculture française, ni la planète !
 

LA MAIN D’ŒUVRE

 
La main d’œuvre est le principal défi des agriculteurs partenaires de Reitzel.
 
En général, ils ne cultivent pas que les cornichons, mais aussi d’autres cultures comme les asperges ou les fraises par exemple.
 
Il est évident que cultiver les cornichons en plus, leur permet d’optimiser leur masse salariale, qui constitue la plus importante partie du coût de fabrication. 
L’équation de la main d’œuvre n’est pas simple à résoudre.
Les prix d’achat étant 6 fois supérieurs aux cornichons achetés en Inde, il est impossible de multiplier la marge par 6 pour pallier cette différence de prix.
 
 
Reitzel arrive à maîtriser les coûts via ses outils industriels. 
En effet, en passant de grands volumes de cornichons sur ses lignes, le coût des matières premières qui est 6 fois plus chère que ses concurrents au départ, arrive à baisser à un tel point, que le bocal de fruits à la vente n’est proposé qu’avec une différence de prix de 1 €. 
 
Le « Jardin d’Orante » estime que l’effort à faire par le consommateur pour consommer des cornichons « Fabriqués en France » se situe entre 5 et 7 € par an. Car chaque français consomme entre 5 et 7 bocaux de cornichons par an en moyenne.
 
 

PARTENARIATS

 
Aline : « Marc VEYRAT (chef étoilé français reconnu par plusieurs guides gastronomiques) est un grand ami de notre PDG, Monsieur Bernard Poupon.
Il est là pour signer toutes les recettes du « Jardin d’Orante » et s’engage aux côtés de la marque pour promouvoir la relance de la filière française. Liés depuis plus de 10 ans par des valeurs communes telles que la naturalité et le goût des bonnes choses, Marc Veyrat et « Jardin d’Orante » n’en sont pas à leur premier coup d’essai. Ensemble, ils ont développé des recettes de sauces salade sans huile et Bio, des huiles d’olive Bio et des cornichons aromatisés pour l’apéritif. »
 
 
 

LES PARTS DE MARCHÉ

 
La marque n’a pas pour ambition d’exporter sa production, mais bel et bien gagner des parts de marché français !
 
Aujourd’hui, les 850 000 bocaux produits ne représentent que 1% de la consommation française. Les français consomment, en effet, près de 58 millions de bocaux par an.  
Le « Jardin d’Orante » sait qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire sur le marché français. Les objectifs sur du moyen terme sont de 10% dans les 10 années à venir.
 

LE KIT « MON CORNICHON MAISON »

 
Aline : « Nous sommes très fiers de l’idée du kit «Mon Cornichon Maison », dont l’intégralité des recettes est reversée aux agriculteurs. A travers cette opération, nous souhaitions poursuivre la campagne de sensibilisation que nous menons depuis trois ans, en proposant à nos consommateurs de devenir acteurs du projet de relance de la filière du cornichon français, au-delà de l’achat du bocal en magasin, en se confrontant, eux aussi, à la culture du cornichon directement chez eux. »
 
 
 
Pour pouvoir vous procurer le kit, c’est par ici :
 

https://www.jardindorante.fr/accueil/340-mon-kit-cornichon-maison.html

 
Frazone : « Quels sont les défis que le cornichon « Fabriqué en France » doit encore relever aujourd’hui ? »
 
Aline : « Pour faire adhérer plus d’agriculteurs et développer la production du cornichon français, plusieurs défis restent à relever :
 
  1. Faire connaître la filière ; 
  2. Faire comprendre aux consommateurs que les autres cornichons ne sont pas « Fabriqué en France » ;
  3. Faire évoluer la législation en termes de traçabilité de ce type de produits, qui aujourd’hui reste difficilement compréhensible pour les consommateurs. L’origine des cornichons n’est pas clairement indiquée sur l’étiquette. Le consommateur pense qu’une recette de « grand-mère » est un gage de fabrication française, alors que pas du tout ! »
 
Frazone : « Avez-vous un message à adresser à nos lecteurs ? »
 
Aline : « Nous allons faire le maximum pour communiquer autour des enjeux de cette filière. Pour que le travail de nos agriculteurs soit reconnu et prenne tout son sens, les consommateurs DOIVENT SAVOIR qu’un cornichon français n’a rien de banal et que c’est même exceptionnel. Il n’y en a que très peu sur le marché à ce jour.
Acheter les cornichons « Jardin d’Orante » c’est soutenir la filière française et les agriculteurs français. » 

 

 
 
Pour faire vos achats de cornichons en ligne c’est par ici :

 

https://www.jardindorante.fr/23-cornichons

 
Pour suivre le « Jardin d’Orante » sur les réseaux sociaux :

 
 
Quant à moi, je suis ravie d’apprendre que je peux trouver les cornichons extra-fins de ma terre d’accueil et les gros « malossols » de ma terre natale en version « Fabriqué en France » !

A TRÈS BIENTÔT POUR UN NOUVEAU REPORTAGE

DU « FABRIQUÉ EN FRANCE ».

 

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